Sidi Larbi Cherkaoui en interview
Starmania

Thomas Jolly en interview

Peux-tu nous dire quelques mots sur toi ?

Je suis acteur metteur en scène et directeur du Centre Dramatique National d’Angers. J’ai déjà créé plusieurs spectacles pour le théâtre et l’Opéra et un de mes grands rêves était de mettre en scène une comédie musicale.

Quel est ton rapport personnel à Starmania ?

Mes parents avaient le fameux CD bleu, la première édition, et je l’écoutais en boucle dans ma chambre. Même si j’étais encore un enfant et que je n’avais jamais vu les mises en scène, je crois que je percevais déjà la théâtralité de cette musique. Sans comprendre que c’était un spectacle, j’avais déjà imaginé les personnages. Starmania était une sorte de conte musical pour moi.

Je confesse d’ailleurs un énorme coup de cœur pour Stella Spotlight et ses chansons, tout particulièrement « Le rêve de Stella Spotlight », dernière chanson du personnage. C’est un bijou. La mélodie, les mots, l’interprétation… tout fait sens pour moi dans cette chanson. J’ai donc grandi avec Starmania et j’avais dans l’idée de pouvoir remonter ce spectacle, j’ai été très heureux qu’on me propose ce projet.

Pourrais-tu nous donner quelques infos clés sur tes intentions de mise en scène de Starmania 2020 ?

Dès que j’ai commencé à travailler j’ai été surpris de constater que les trois versions françaises sont très différentes. Starmania est une matière vivante, malléable, élastique... Je crois que sa force résiderndans cette capacité d’adaptation au temps présent... Si l’œuvre traverse les époques, c’est que toujours elle parvient à se fondre et, par là même, à révéler les tourments contemporains.

Mon ambition est de retrouver la fable de Starmania, la narration. Les chansons ayant pris le dessus sur l’histoire, j’ai opéré un travail de ré-assemblage, en lien étroit avec l’auteur Luc Plamondon, pour rebâtir la dramaturgie. Mon autre intention est de revenir sur la version originelle, celle de 1978, tant en termes de musicalité qu’en terme d’esprit. Il faut se rappeler qu’à l’époque c’était une œuvre dissidente, alternative, presque punk !

C’était du jamais vu dans l’histoire de la comédie musicale et je veux retrouver cette énergie-là. On retrouvera donc des personnages qui avaient disparu comme le Gourou Marabou et son discours écologique très pertinent aujourd’hui. Starmania est un témoignage sur la crainte pour le futur, quel que soit le présent dans lequel on se trouve. Je veux recréer cette grande fresque dystopique qui peut s’inscrire dans toutes les époques.